Rennes. Son oncle Marcel mort à 19 ans en déportation, elle raconte son histoire dans un livre

Françoise Girode, Rennes, institutrice à la retraite, n’a pas connu son oncle. Marcel a été victime de l’entreprise satanique d’extermination en mars 1944 dans le camp de Majdanek en Pologne. Il avait 19 ans. Sa disparition est longtemps restée un mystère. « Son histoire a été préservée, transmise par la famille. J’ai promis d’écrire à mes parents qui sont morts il y a deux ans. Ça m’a pris beaucoup de temps, je me suis posé beaucoup de questions. Mais j’ai voulu remettre cette histoire personnelle dans la grande Histoire, pour qu’elle ait une portée universelle, qu’elle garde la mémoire, qu’elle soit consciente. »

Plongez dans l’histoire familiale

Françoise Girode a recherché l’histoire de la famille, étudié une bibliographie impressionnante, trouvé des documents authentiques, des photographies, des lettres envoyées par Marcel à sa mère. Il publie des dessins, des citations, des références littéraires. Françoise Girode, comme Marcel, a rencontré les descendants des personnes qui ont hébergé son oncle avant son arrestation pour revivre les derniers mois de sa vie et raconter la poignante histoire.

La dernière photo de Marcel Giraudet. | RD

“C’était un jeune homme agressif qui n’était pas d’accord avec ses parents. Il voulait échapper au STO et rejoindre la résistance. » En avril 1943, un jeune paysan quitte son domicile avec un morceau de pain, un portefeuille et une chemise propre. Il ne reverra plus Recloses, son village sur Seine et Marne.

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Il arrive d’abord à Foix (Ariège), où s’organise la résistance, travaille dans une ferme, attend de partir pour l’Espagne. Mais les Allemands regardent. C’est lors de ce passage secret qu’il fut arrêté. D’abord arrêté à Foix, il est transféré à Toulouse (Haute-Garonne) où il reste 15 jours avant d’être conduit au camp de transit de Compiègne (Oise). Le piège se referme.

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Marcel Giraudet, matricule 20792, quitte Compen pour Buchenwald le 2 septembre 1943. Françoise Giraudet se souvient de la vie de Marcel dans l’enfer du camp.

“Conçu pour faire de la pierre”, il a affronté le froid, la faim, l’humiliation, la souffrance et la peur. Marcel est alors transféré à Dora. La dysenterie, le typhus et la tuberculose font des ravages. Le 4 février 1944, un nouveau convoi l’emmène à Madjanek, en Pologne, où il rejoint un camp de prisonniers d’infanterie. Il a reçu le nouveau numéro 10414 avec le triangle rouge qu’il portait de Buchenwald. dans le bloc, “Il partage un matelas infesté de poux et une mauvaise couverture, ainsi que la vermine et la saleté qui vont avec. écrit Françoise Girode. J’ai lu de nombreux témoignages dans les camps où il était prisonnier pour me faire une idée de ce qu’était la vie de Marcel. » Sa résistance physique et spirituelle n’a duré que six mois. Marcel est décédé le 8 mars 1944. Ce n’est qu’à l’automne 1946 que la mort du jeune Marcel est connue avec certitude.

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Marcel a reçu à titre posthume la Médaille militaire, la Croix de guerre avec palme et la Médaille de la Résistance. « Quelle dérision face à une jeunesse opprimée par l’injustice, la brutalité et le déni d’humanité » écrit Françoise Giraudet, qui a dédié cette histoire “Janine et Elia n’ont jamais été consolés par mes parents pour cette disparition.”

Marcel, ombre d’un homme absent, Par Françoise Giraudet, 100 pages, sur commande de [email protected]

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