“Il faut substituer à la logique de marché une autre logique”

Beaucoup de Français doivent se demander pourquoi le prix de l’électricité qu’ils consomment a explosé. Ou de s’interroger sur les coûts financiers apparemment très élevés de ce qui est présenté comme un « bouclier tarifaire » qui devrait atténuer une hausse qui autrement aurait été encore plus importante. L’électricité produite en France étant majoritairement produite par des atomes, ces questions sont plus compréhensibles.

La clé pour comprendre ce paradoxe est que l’électricité n’est pas tarifée en fonction des coûts de production moyens. Si tel était le cas, ce prix n’aurait pas augmenté au rythme observé, malgré la hausse du coût de l’énergie nucléaire. Le prix de l’électricité n’est donc pas basé sur des coûts de production moyens, mais plutôt sur un prix de marché qui reflète un équilibre particulier entre l’offre et la demande, la consommation et la production. Cet équilibre s’établit sans pouvoir jouer avec le stock d’amortissement car il ne peut pas stocker d’électricité. Le prix de marché de l’électricité est donc déterminé par le coût marginal de mise en service de la dernière centrale pour soutenir la production d’électricité en cas de pointe de demande. Cependant, les centrales électriques en fonctionnement fonctionnent soit au charbon, soit au gaz pour la plupart. Le prix de l’électricité est donc basé sur le prix du gaz, même si une petite partie de la production électrique française est fournie par des centrales électriques fonctionnant au gaz.

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Le paradoxe est d’autant plus intense que la France, qui achète de l’électricité sur le marché de gros, la paie beaucoup plus cher que les autres pays européens. Cela signifie que plus de 1 000 €/MWh d’électricité peuvent être livrés au premier trimestre 2023, contre 250 € en Espagne. Une partie de la raison des factures d’électricité très élevées envoyées en France l’hiver prochain peut être due à la forte consommation d’électricité attendue cette saison, liée au chauffage électrique des bâtiments, notamment des habitations. Et c’est alors que les centrales nucléaires françaises sont au maximum et que les niveaux d’eau des barrages sont au plus bas.

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intérêt commun

Et si cette situation perdurait ? Je veux dire, et si le prix de l’électricité restait fixé au prix élevé du gaz, si la France continuait à importer du courant électrique, qu’elle ne parvient pas à produire, à un prix très élevé, et si la proportion de Français devenait plus élevée ? . Sommes-nous obligés de changer de véhicule à court terme en remplaçant nos actuels véhicules thermiques diesel par des électriques ?Vous ne pourrez pas rouler à temps avec un véhicule de type Crit’Air 3. Alors comment tous les propriétaires de ces véhicules font-ils face à cette catastrophe annoncée qu’ils ne pourront jamais les équiper de panneaux solaires ou d’éoliennes pour produire leur propre électricité ?Comme les Français, ils subiront sans doute une nouvelle et très forte hausse dans le prix de l’électricité qu’ils consomment pour remplacer le combustible qu’ils consommaient.

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Que faire dans ce contexte ?efforts pour plafonner le prix d’achat du gaz aux Etats-Unis. Aucune de ces solutions n’est fiable ou acceptable, car elles ne résolvent pas le problème au niveau auquel il se produit. C’est-à-dire qu’elle n’aborde pas seulement la question de savoir comment fixer le prix de l’électricité, mais aussi les conditions dans lesquelles elle est utilisée et produite. L’abandon de la logique marchande est la règle générale à l’avenir. Pour les biens communs comme l’électricité, biens qui ne créent pas de déséquilibre entre consommation et production, problème d’essayer de réformer ou de modifier le marché des biens de long terme avec des investissements très importants, mais en remplaçant la logique marchande par une autre logique. Quel doit être le marqueur de cette autre logique ?

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Le premier indicateur est la réduction de la consommation, un objectif qui deviendra de plus en plus difficile à atteindre avec l’augmentation de la demande d’électricité résultant de la nouvelle électrification du matériel roulant et de l’extension tant souhaitée des voies ferrées. Par conséquent, la consommation d’énergie doit être réduite ailleurs, en particulier dans le chauffage.la solution basse technologie Présent dans tous les secteurs nécessitant des privilèges. Ces solutions consomment systématiquement moins d’énergie que les solutions utilisant des choix techniques sophistiqués. Plus généralement, la consommation totale d’énergie devrait diminuer à mesure que les augmentations de volume diminuent. De ce point de vue, ce dont nous avons collectivement besoin, c’est d’un nouveau développement, et non d’une croissance. Un développement basé sur la réponse aux besoins de base, avec un fort ancrage local des activités. Quant aux produits industriels à fabriquer, ils doivent être réparables, réutilisables et si possible partageables.

Nucléaire vs Renouvelable

Le deuxième marqueur est de produire l’électricité dont nous avons besoin d’une manière qui surpasse les combustibles fossiles en termes de production et de prix. L’électricité ne devrait pas être tarifée comme elle l’est actuellement, mais devrait refléter le coût moyen de sa production. Il n’y a pas de consommation domestique d’électricité à satisfaire par une production actuelle domestique ou importée à base d’énergie fossile. Un troisième marqueur est particulièrement pertinent pour les productions dites « alternatives ». Compte tenu de la part du nucléaire en France, il paraît difficile d’en sortir à court et moyen terme. Il est donc urgent d’engager dans la durée les investissements de retrofit nécessaires, ainsi que de relancer un programme de recherche ambitieux sur les meilleures conditions de retraitement des déchets nucléaires. L’abandon du programme Astrid en 2019 apparaît donc comme une erreur très grave à laquelle il faut remédier de toute urgence. L’actuelle première ministre, Elisabeth Born, va devoir revenir sur les décisions qu’elle a prises en 2019 lorsqu’elle était ministre de la transition écologique.

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Plutôt que de démarrer un nouvel EPR avec des délais de construction très longs, mieux vaut augmenter la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité, comme le suggère le scénario négawatt. Bien que cette solution présente de nombreux avantages, elle présente également des inconvénients. Contrairement aux idées reçues, l’inconvénient n’est pas l’utilisation de terres dites rares. Par exemple, la technologie photovoltaïque actuellement commercialisée n’utilise pas de terres rares. D’autre part, beaucoup d’équipements sont importés. Il en va de même pour les consommations intermédiaires spécifiques nécessaires à la production d’équipements fabriqués en Europe et en France. Il faut donc, comme ailleurs, réduire la dépendance excessive aux importations en développant la recherche et la production en Europe et en France.

Les transitions environnementales et énergétiques ne se font pas du jour au lendemain. C’est pourquoi vous ne devez pas prendre de décisions autoritaires et hâtives. La logique de marché ne sert plus de boussole et, selon Mario Draghi, il est temps de rompre le lien entre le prix du gaz et le prix de l’électricité. C’est une “grosse erreur”. Il est temps de mettre un terme à l’anomalie qui a déjà conduit à la fermeture partielle de certaines entreprises et que d’autres pourraient délocaliser vers des secteurs comme le verre, les engrais et la sidérurgie. Et cela au moment où une relance de l’activité productive en Europe et en France est nécessaire et possible en même temps que la transition écologique.

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