Circularité, réemploi et serviciel : ce ne sera pas un long fleuve tranquille, mais c’est possible

Le Sustainability Club est un réseau d’une trentaine d’entreprises investies dans l’économie circulaire, pour lesquelles l’éco-conception, la réparation et la réutilisation sont réalisées. leitmotivs allier écologie et économie. Accompagnée de l’association Hop (Stop à l’obsolescence programmée), elle publie un rapport sur l’économie circulaire à l’ère de la sobriété, sachant que la montée en puissance de cette économie du réemploi n’est pas exempte de générer frictions et inquiétudes.

Le document, assez optimiste, montre que globalement il est possible de faire face aux défis liés au développement de l’économie circulaire, et que la transition vers une économie qui ne repose pas sur la consommation excessive de nouveaux produits est réellement possible. « Il ne s’agit pas seulement de diffuser de nouveaux modèles économiques d’éco-conception, de réparation ou de réemploi, mais aussi d’identifier et de prioriser, au sein même de ces filières, les pratiques les plus socialement et localement vertueuses. Il s’agit aussi de penser sur le long terme. sur la difficile transformation de business models basés sur la vente de biens en volume vers de nouveaux leviers de création de valeur basés sur des services durables”résume Hop.

Cependant, comme le souligne ce rapport, cela nécessitera de rassembler tous les acteurs, du fabricant au consommateur, autour d’objectifs communs, tant économiques que sociaux. Il faudra par exemple trouver le juste équilibre (sous-entendu, durable du point de vue environnemental) entre le secteur marchand et l’économie sociale et solidaire.

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Une transition sans retour en arrière

Prenant comme point de départ lafin de l’abondance», une phrase rendue célèbre par le président Emmanuel Macron l’été dernier, le Sustainability Club insiste sur ce changement de paradigme sans revenir en arrière. « Il ne fait plus aucun doute que la société de demain devra mieux utiliser les ressources et l’énergie. Face à cette exigence, les agents économiques doivent se réinventer pour trouver des modèles économiques plus sobres et durables. La durée de vie des produits est l’une des principales axes de transition vers des modes de production et de consommation plus responsables”peut-on lire dans l’introduction.

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Cette transition nécessaire et inéluctable est parfaitement documentée, soit en raison de la seconde vie qui sera donnée aux produits, de l’accompagnement des consommateurs dans l’entretien de leurs équipements, de la naissance de nouvelles filières industrielles (comme celles du reconditionnement), de l’essor d’un monde financier durable ou encore l’intérêt de l’écoconception dans tous les secteurs, y compris le textile. Mais finalement c’est la deuxième partie du rapport qui est la plus intéressante, une fois toutes ces notions assimilées. Il s’intéresse aux tensions qui peuvent exister dans le cadre de cette transition, notamment autour de la délocalisation des savoirs ou des synergies locales à inventer.

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Les services au centre de la transformation

Ce rapport met l’accent, entre autres, sur la création de valeur par le service. C’est-à-dire la manière dont les agents économiques devront chercher à pérenniser leur activité en compensant la baisse des ventes de nouveaux produits par l’apparition de nouveaux services comme l’entretien et la réparation. D’un point de vue économique (et d’un point de vue social), c’est un problème essentiel pour les années à venir, même si cette tendance n’est pas encore suffisamment illustrée dans la pratique.

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« L’évolution vers une économie de services est perceptible au sein de plus en plus d’entreprises, de tous secteurs, qui diversifient leurs activités et développent une offre de services dans le but d’ajouter de nouveaux leviers de création de valeur. Le groupe Leroy Merlin, par exemple, a s’est fixé l’ambition de devenir le “Google du bricolage”, selon les mots de Thomas Bouret, directeur général de la marque en France, avec la volonté de couvrir tous les besoins de ses clients, du design aux projets de réparation”illustre le rapport.

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Les plus gros joueurs placent leurs pions

Autre point de tension évoqué : l’accès et la répartition équitable des “verser“, le nom donné à tous les produits à réparer et à remettre à neuf. Mais aussi le “bataille“pour l’accès aux pièces détachées, qui est un chapitre très important de ce rapport, avec le risque de voir les grands constructeurs s’arroger “réparer le goulot d’étranglement”.

Apple est un très bon exemple de ce risque, la firme qui cherche – selon les experts – à accroître son contrôle du marché de la réparation grâce à son programme d’auto-réparation. “Le fonctionnement en circuit fermé des grandes marques via des partenaires agréés va à l’encontre du développement d’un véritable droit à réparation”parfois même illégalement car les lois Agec et Reen l’interdisent “Tout accord ou pratique ayant pour objet de limiter l’accès, la réutilisation ou la réutilisation par un professionnel de la réparation de pièces détachées, de notices d’utilisation, d’informations techniques ou de tout autre instrument, équipement ou logiciel permettant la réparation de certains produits.”. Le prix des pièces détachées, au-delà de leur disponibilité, est également un enjeu crucial.

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