C’est quoi cette « course aux subventions » américaine qui met en rage Bruno Le Maire ?

Les subventions américaines massives à son économie sont “contraires à toutes les règles du commerce international” et appellent une réponse “coordonnée, unie et énergique” des Européens, a déclaré le ministre des Finances Bruno Le Maire dans une interview publiée. . par quatre journaux européens, les échos, Handelsblattu, Le monde e Corriere della Sera. 20 minutes faire le point sur cette nouvelle saveur de conflit commercial outre-Atlantique.

Mais quelles sont ces subventions américaines massives ?

Ce sont des subventions massives accordées par les États-Unis aux entreprises sur son sol. “Dans certains cas, le montant des subventions proposées par l’administration Biden est de quatre à dix fois le montant maximum autorisé par la Commission européenne”, rapporte lundi Bruno Le Maire. En évoquant « ce cas réel », le ministre français de l’Économie fait référence à la loi américaine de réduction de l’inflation, l’ « Inflation Reduction Act » (IRA), soi-disant pour coller au présent, mais qui est, en fait, un programme de réformes environnementales et sociales. L’IRA est le plus gros investissement jamais réalisé dans la lutte contre le changement climatique, fournissant 370 milliards de dollars pour la construction d’éoliennes, de panneaux solaires et de véhicules électriques. Le plan prévoit notamment un crédit d’impôt, jusqu’à 7 500 dollars, réservé à l’acquisition d’un véhicule électrique qui sort d’une usine nord-américaine avec une batterie fabriquée localement, excluant ainsi les automobiles produites dans l’Union européenne.

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Pourquoi est-ce un problème (pour Bruno Le Maire) ?

L’Europe dénonce des aides exceptionnelles contraires aux règles du commerce international et un IRA de plusieurs centaines de milliards de dollars d’investissements qui pourraient séduire plusieurs entreprises européennes. La question est d’autant plus préoccupante que la récession menace d’atteindre le continent cet hiver en raison des conséquences économiques de la guerre en Ukraine. Les entreprises européennes sont déjà pénalisées par la hausse des prix de l’énergie, qui les frappe beaucoup plus durement que leurs concurrentes américaines. Du coup, “certaines grandes entreprises étrangères qui souhaitaient s’implanter en Europe hésitent désormais entre sites européens et américains”, a déclaré le ministre français de l’Economie. Selon lui, “en France, les premières estimations indiquent que dix milliards d’investissements et des milliers d’emplois industriels sont en jeu”.

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“Les irritants historiques ne s’atténuent guère lorsque Washington prend des mesures très offensives”, commente Elvire Fabry, experte en géopolitique commerciale à l’Institut européen Jacques Delors. Politiquement cependant, ce dernier voit plus dans les mesures de l’administration Biden “un agenda interne pour protéger les intérêts américains” qu’une “guerre tarifaire déclarée” comme à l’ère Trump.

Que disent les dirigeants européens (dont Bruno Le Maire) ?

“Nous espérons que la Commission européenne fera des propositions pour une réponse énergique à cette politique américaine”, a déclaré le ministre français des Finances Bruno Le Maire à Bruxelles, avant une réunion avec ses homologues le 27 qui abordera la question demain mardi. “La voie à suivre est de rechercher le dialogue avec l’administration américaine pour trouver des solutions communes”, a suggéré l’Allemand Christian Lindner. “Je ne suis pas sûr que la partie américaine ait encore pris conscience de l’ampleur de nos inquiétudes”, a-t-il dit, disant vouloir “tout faire pour éviter une guerre commerciale”.

De son côté, le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, s’est montré très ferme lors d’un entretien avec BFM Business. “Evidemment, nous allons envisager des mesures de rétorsion”, a-t-il dit, évoquant la possibilité d’aller “à l’OMC” (Organisation mondiale du commerce) pour présenter les arguments européens si un résultat amiable n’est pas trouvé.

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Quand les tensions ont-elles commencé (selon Bruno Le Maire) ?

A l’origine de la montée des tensions entre les deux grandes puissances occidentales, la mise en place cet été du “Inflation Reduction Act”. Pourtant, le risque d’une “guerre commerciale” entre les deux régions alliées a été ouvertement évoqué ces dernières semaines. Bruno Le Maire a ainsi utilisé l’expression lors d’une visite à Berlin en octobre, tout en demandant qu’elle soit évitée, et le chancelier allemand Olaf Scholz a évoqué le risque d’une “énorme guerre tarifaire”.

Il est bon de savoir que la guerre commerciale n’est pas nouvelle dans les relations entre les États-Unis et l’Union européenne, qui ont dû régler plusieurs différends ces dernières années. Parmi elles, le face-à-face entre le géant aéronautique européen Airbus et l’américain Boeing, toujours dans un contexte de subventions, et l’imposition de tarifs douaniers supplémentaires, par l’administration Trump, sur l’acier et l’aluminium.

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