Berlin bloque deux rachats dans les semi-conducteurs par des investisseurs chinois

Publié le 9 novembre 2022 à 17h19

Une fois mais pas deux. Le gouvernement allemand a finalement interdit mercredi l’acquisition de deux sociétés de semi-conducteurs, Elmos et ERS Electronic, par des investisseurs chinois. Ce veto intervient deux semaines après l’autorisation controversée d’une participation dans le port de Hambourg par l’armateur chinois Cosco, malgré les divergences existantes au sein du gouvernement sur cette question.

A cette occasion, il a estimé que dans le domaine des semi-conducteurs “il est important de protéger la souveraineté technologique et économique de l’Allemagne, mais aussi de l’Europe”, a commenté le ministre allemand de l’Economie, Robert Habeck (Verts). Au début, le gouvernement semblait s’orienter vers l’autorisation.

“Pas naïf non plus”

La société de semi-conducteurs Elmos allait vendre sa production de wafers électroniques (Wafers) à Dortmund pour 85 millions d’euros à son concurrent suédois Silex, filiale du groupe chinois Sai Microelectronics. Sans être nommément citée explicitement par le ministre, la deuxième reprise interdite concerne une entreprise bavaroise de microélectronique, ERS Electronic, spécialisée dans les solutions de température de “haute précision”.

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Les puces produites par Elmos à Dortmund seraient des technologies relativement anciennes, de moins en moins adaptées à leurs premiers clients dans l’industrie automobile. L’entreprise souhaite se recentrer sur ses puces de systèmes microélectroniques mécaniques (MEMS) à destination des clients des secteurs de l’électronique médicale ou grand public notamment.

Or, alors que l’Europe souffre d’une pénurie de semi-conducteurs, cette production reste stratégique pour l’Allemagne, a fait valoir Robert Habeck. Les services de renseignement allemands avaient jugé que la vente d’Elmos pouvait menacer la sécurité des approvisionnements allemands en semi-conducteurs.

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Aide publique

L’entreprise aurait également reçu 5,9 millions d’euros d’aides publiques pour deux projets de recherche, selon le magazine “Wirtschaftswoche” et plus de 8 millions auraient été promis dans le cadre d’un projet de recherche européen.

Le pays reste ouvert aux investissements étrangers mais “nous ne sommes pas naïfs non plus”, a déclaré Robert Habeck, faisant écho à l’appel du commissaire européen Thierry Breton à ne pas être “naïfs” vis-à-vis de la Chine.

Alors que le gouvernement s’apprête à présenter une nouvelle stratégie concernant la Chine début 2023, le ministre de l’Economie a rappelé que le pays dispose déjà d’une “épée affûtée” avec sa législation sur le commerce extérieur. À l’avenir, “nous pourrions le resserrer davantage par le biais de garanties d’investissement ou d’exportation”, a-t-il averti.

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