Au procès de l’attentat de Nice, tentative d’épuisement d’un « monstre »

Sur l'écran de gauche, Evelyn, une des maîtresses du terroriste, sur l'écran de droite, Dominique, son second amant.  Dans la salle de gauche à droite : Cherifa, mère, Mondher, père, Abdullah, beau-frère et son oncle Mehdi, à droite.  Au tribunal correctionnel spécial de Paris, octobre 2022.

Comment restaurer l’identité d’une personne décédée alors que cet homme a commis le meurtre le plus horrible qu’on puisse imaginer ? Comment identifier les motivations profondes d’un terroriste, autant d’éléments qui indiquent qu’il est profondément atteint psychologiquement ?

En l’absence d’examen psychologique, d’absence de partenaires établis ou du message de sa revendication écrite, Mohamed Lahouaij Buhlel, qui a tué quatre-vingt-six personnes en roulant sur la foule dans un camion, a emmené avec lui le 14 juillet 2016 à Nice . il secrets de ses actions insensées.

Le tueur de la Promenade des Anglais était-il fou ? Était-il déprimé, suicidaire et sadique, radical ou tout cela ? Au cours d’une semaine de débats entièrement consacrée à l’identité du terroriste, qui s’est achevée vendredi 28 octobre, le tribunal correctionnel spécial de Paris a tenté de démêler quelque chose d’indissoluble à travers le témoignage de dizaines de ses proches. Chacun d’eux a livré un côté d’un fils, un morceau d’un frère, un neveu, un souvenir d’un amant, un morceau d’un “animal”.

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La nature exacte de ses difficultés et les sources de son passage à l’acte restent inconnues. Mais, au gré des questions, en plus des témoignages, une mosaïque se dessine peu à peu, qui dresse le portrait d’un homme instable, tolérant au désespoir, à l’impatience et à la violence, d’un trouble narcissique, incapable d’empathie. “Je me fous de la religion”mais dans les semaines précédant son crime, il avait montré un intérêt très superficiel pour l’islam.

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Ses parents et une de ses sœurs sont venus principalement de Tunisie pour raconter son enfance dans la famille rude et humble de M’Saken, petite ville du Sahel tunisien, son adolescence troublée, ses complexes de classe, sa vie. “étrangeté” de son comportement. D’autres proches vivant en France, sa tante, son beau-frère, son cousin, son amant et ses deux maîtresses ont décrit ses dernières années à Nice, son obsession malsaine du sexe, sa femme jalouse. “étrangeté”Encore.

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“Il se détestait”

De sa jeunesse en Tunisie, on a retenu un premier trait qui a semblé suivre le tueur jusqu’à sa mort, à l’âge de 31 ans : Mohamed Lahouaij Bouhlel ne s’aimait pas. “Il se détestait”, a conclu sa tante Rafika, l’un des seuls membres de sa famille avec qui le terroriste a été proche après son départ pour la France. Cette haine de soi s’accompagnait d’une rancune envers ses parents : “Il détestait ça, disait que c’étaient des rats, des sauvages”– a déclaré la tante âgée, qui était enveloppée dans un grand manteau noir.

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