Au Portugal, une chercheuse tente d’expliquer le mystère des cadavres qui ne se décomposent plus

Au Portugal, ces dernières années certains cadavres ne se sont pas décomposés, ce qui pose problème car cela engorge des cimetières qui manquent déjà d’espace. BFMTV.com s’est entretenu avec Angela Silva Bessa, une chercheuse portugaise qui tente de percer le mystère de ces corps “préservés”.

Un mystérieux phénomène affecte les cimetières portugais. Bien que ce dernier manque d’espace, les responsables ont remarqué que de nombreux cadavres ne s’y sont pas décomposés au cours des 10 dernières années. Des cadavres ont été trouvés momifiés, mais il faut généralement 3 à 5 ans pour que le corps se décompose, même partiellement.

“C’est un vrai problème”, explique sur BFMTV.com Angela Silva Bessa, chercheuse en anthropologie médico-légale à l’université de Coimbra au Portugal, car les mairies – chargées de gérer les cimetières – ne savent plus où enterrer leurs morts. .

“Un phénomène non anecdotique”

Dans le pays, les familles sont autorisées à enterrer les corps de leurs proches sous terre pendant trois ans, avant que leurs restes ne soient exhumés, incinérés ou placés dans une petite urne. Mais avec ce nouveau phénomène, ce n’est plus possible et les cimetières se retrouvent contraints de garder les corps pendant deux années supplémentaires.

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Et ces « momifications » ne sont pas anecdotiques. Elle est liée à plusieurs villes comme Braga, Gigueira da Foz, Mertola ou Faro. Toujours à Porto, selon des chercheurs portugais, il est lié à deux des trois corps. “Dans certains cas, les autorités ont tenté une quatrième fois d’extraire le cadavre, mais il n’était toujours pas décomposé”, explique-t-il.

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“J’étudie le phénomène depuis trois ans”, explique Angela Silva Bessa, qui a rédigé une thèse sur le sujet. Pour ce faire, ils passent au crible une combinaison de terre provenant de six cimetières du nord, du sud et du centre du pays. Ils analysent au microscope des échantillons de cheveux, d’ongles et de vêtements portés par les morts. Il lui reste encore un an de recherche avant de pouvoir publier les conclusions de ses travaux.

Drogues impliquées ?

“Pour l’instant, nous ne savons pas vraiment pourquoi ces corps ne se désintègrent pas”, expliquent les chercheurs. “Mais des résultats de recherche préliminaires suggèrent que la composition du sol n’est pas la raison de cette absence de décomposition, car certains cadavres enterrés au même endroit se décomposent dans les mêmes conditions, d’autres non”.

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Angela Silva Bessa pense que “cette momification” s’explique par des “facteurs intrinsèques” à la personne enterrée. “Cela peut être lié aux médicaments que la personne a pris de son vivant, comme la chimiothérapie et la radiothérapie utilisées pour traiter le cancer.”

En effet, notent les chercheurs, ces traitements par des substances chimiques détruisent les bactéries présentes à l’intérieur de l’organisme et peuvent donc être responsables du démarrage de notre décomposition après la mort. Cependant, à ce stade, ce n’est qu’une piste, les conclusions de ses recherches n’étant pas encore complètes.

Jean Boulant Journaliste BFM TV

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